L’île aux morts.
L’île aux morts
Je rame le long du néant
La voie du vent me porte
Je remarque de loin
Les cèdres impériaux
Ils couronnent l’île aux morts
Chatouillant le ciel
de leurs lugubres présages
J’apporte à cette énigme
Le linceul du père,
du mari, de l’amant
En direction d’une dernière maison
Une ultime famille
Aux portes des revenants
J’oublie souvent, parfois, trop, pas assez…
Nous connaissons tous ce tableau
Sinistre, obscur
Roi des pensées sinueuses.
D’un goût lugubre et acide
Dans nos bouches avariées par les maux.
L’ile aux morts, devant moi
Ouvre fièrement ses portes
Ma curiosité mise sous clefs
Je dépose le présent au pied des bois sombres
Gardien des corps et âmes repêchés dans le rien.
Je m’éloigne peu à peu
Le congrès des trépas se dissipe
Mes pensées amères s’allègent
L’île aux morts, colossale, me libère
D’un poids trop longtemps porté
Sous les cris, la voix des mes ancêtres
L’iles aux morts, secrète et mystérieuse…
Théâtre des âmes qui ne veulent disparaître
Enlisées du goudron de leur paraître
Laissera à jamais son empreinte grise et lourde, libératrice.
Dans le temps soupçonné qu’il me reste…
Ce texte est inspiré par le célèbre tableau de Bocklin
« L’île des morts. »



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